Les 7 Soleils

"Et puis, pensez donc : Saint-Nazaire, le port, les quais, l’océan, le vent du large, les embruns qui vous fouettent le visage..."
Archibald Haddock - Les 7 Boules de Cristal

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Au rendez-vous du Centenaire

Conférence sur Tintin, Hergé et l’Amérique

Mardi 20 juin à 20 h à Agora

vendredi 9 juin 2017

Le 26 juin 1917, les premiers soldats américains engagés dans la Grande Guerre débarquaient à Saint-Nazaire. Ils seront près de 200 000 à transiter par l’estuaire de la Loire.
L’événement célébrant ce centenaire sera marqué par le retour le samedi 24 juin du Queen Mary 2 dans le port où il est né. Le paquebot se lancera le lendemain dans The Bridge, une course avec quatre trimarans de la classe ultime entre le pont de Saint-Nazaire et le pont Verrazano de New-York.
L’association Les 7 Soleils sera au rendez-vous de ce centenaire en proposant mardi soir 20 juin une conférence sur Tintin, Hergé et l’Amérique.

Cette conférence sera présentée par Charles-Henri de Choiseul-Praslin, auteur du livre Tintin, Hergé et les autos, le mardi 20 juin à 20 h, à Agora 1901, rue Albert de Mun (près du théâtre) à Saint-Nazaire.

Avec la publication, de janvier 1929 à mai 1930, de Tintin reporter au pays des Soviets le héros créé par Hergé est immédiatement adopté par les lecteurs du Petit Vingtième, le supplément hebdomadaire pour la jeunesse du quotidien belge Le Vingtième siècle.

Pour sa deuxième aventure, Hergé aurait voulu envoyer Tintin en Amérique. Mais l’abbé Wallez, le directeur du journal, impose de nouveau sa destination : ce sera le Congo avec pour mission de mettre en évidence l’oeuvre civilisatrice de la mère patrie.

Les Peaux-Rouges

Arrive la troisième aventure. Hergé peut enfin décidé quel sera son théâtre : l’Amérique ! Tintin en Amérique sera publiée de septembre 1931 à octobre 1932.

Le créateur de Tintin est né en 1907. Comme ses contemporains, l’adolescent Georges Remi est fasciné par l’Amérique -plus précisément les USA- qu’il a découvert au cinéma à travers les actualités et les films burlesques, et dans les bandes dessinées dont celles d’Alain de Saint-Ogan, le créateur de Zig et Puce qu’il considère comme son maître.

Dans cette étonnante Amérique, il a une affection particulière pour les Peaux-Rouges et leurs mœurs, qui lui ont été révélés lors de sa première année de scoutisme. En 1926, dans Le Boy Scout belge, il avait déjà envoyé dans l’Amérique des gratte-ciels Totor, le chef de patrouille précurseur de Tintin.

En phase avec la ligne éditorial du Vingtième siècle, Tintin en Amérique est une charge contre les USA : corruption, enlèvements, prohibition, lynchages, Peaux-Rouges maltraités... Hergé trouve ses arguments dans le magazine Le Crapouillot -dont les photos l’inspireront pour dessiner certains décors de l’aventure- et dans l’essai mordant de Georges Duhamel Scènes de la Vie future paru en 1930.

Scarface

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Al Capone, un mythe de son vivant

Chose rare dans son oeuvre, Hergé met ici en scène un personnage réel et, chose plus rare encore, il le présente sous son vrai nom : Al Capone. Il est vrai que le “balafré” est alors en train de devenir un mythe : c’est en cette année 1932 qu’Howard Hawks sort son film Scarface.

Jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale les évocations des USA faites par Hergé dans les aventures de Tintin ne seront guère plus complaisantes. Dans L’Oreille cassée (1937), s’inspirant de la guerre du Grand Chaco qui a opposé Bolivie et Paraguay, il met aux prises sociétés pétrolières anglaises et américaines agissant par pays imaginaires interposés.

Dans la première version de L’Etoile mystérieuse, celle parue dans le quotidien Le Soir, le Peary, indélicat concurrent de l’Aurore, arbore le pavillon des Etats-Unis. Mais nous sommes en 1942 et les USA sont les ennemis.

Warhol

Il en ira bien sûr différemment quand, avec la guerre froide, les rôles seront redistribués. Cette fois, dans L’Affaire Tournesol (1955-56), “une gigantesque cité d’outre-Atlantique qu’il est inutile de nommer” est la cible de l’arme dérivée de l’invention du professeur que compte développer le régime totalitaire bordure.

Enfin, l’ultime implication des Américains aura pour cadre la dernière aventure aboutie de Tintin : Les Picaros (1975-76). Hergé brouille alors les cartes : les révolutionnaires barbudos conduits par un général Alcazar sur le déclin sont soutenus par la très impérialiste International Banana Company.

Durant toute la première partie de sa vie, jusqu’à son mariage avec Fanny, sa seconde épouse, Hergé n’aura pas quitté le continent européen. En 1971 il se rend aux Etats-Unis où il ne manque pas de visiter Chicago et une réserve indienne.
Il y retournera l’année suivante, invité au 1er congrès international de la bande dessinée organisé au USA. A cette occasion il rencontrera un grand admirateur : Andy Warhol qui fera son portrait.

Entrée libre.

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